Découverte

Tout est défis dans sa vie, la trajectoire de sa vie, ses ambitions présentes et futures. En lui, votre page préférée tient son challenger. Il détonne et étonne son monde, tant l’homme est iconoclaste, anti conformiste. Mais, en bandoulière, des idées et ambitions saines pour son village, sa communauté qu’il chérit au plus haut point.

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Pendant que de jeunes sénégalais, au péril de leur vie, par air, terre et mer, essaient de rallier l’Europe pour chercher gloire et fortune ; lui, a préféré faire le sens inverse : rentrer au bercail. En réalité, le cordon ombilical qui le liait avec son village natal n’a jamais été rompu, Ngor s’était incrusté en lui, dans son ADN. L’appel du sang et de la patrie. Taquin à souhait avec ses amis d’enfance, n’est-ce pas Tagoulé, son ami avec qui il aime se lancer aimablement des quolibets dans facebook. Un florès de surnoms et de sobriquets, tous aussi évocateurs et expressifs : Keuleu keuleu, un poisson exotique des mers tropicales qu’il aimait, enfant, pêcher sur la baie de Ngor ; comme pour marquer son attachement à son terroir, son milieu lébou, le royaume de son enfance. Un lien atavique et indéfectible avec son village. Bri, diminutif de Brialy qu’il tire de son oncle d’homonyme ; mais Bri, comme pour briser les tabous et écueils anesthésiants et inhibiteurs. Jordan, le goût et la volonté du dépassement, le condensé de tous les défis et la réussite au bout de l’effort. Le tout, résumé dans Bri-Action ; la quintessence de ses occupations quotidiennes : altruisme, générosité, don de soi, loin des palabres stériles dont Ngor a le secret. Quel est le domaine qui échappe à Bri-Action pour la promotion de son village ? L’éducation, l’assainissement et la salubrité, tous bénéficiaires des interventions de Bri, Maguette Gueye de son vrai nom ! Des ambitions politiques en ligne de mire ? La motivation d’un mécène ? Des actions qui ne peuvent manquer de créer des frictions, surtout avec les tenants d’un ordre établi en porte-à-faux avec l’émergence du village. De son départ de Ngor pour la France et tout ce qui touche à Ngor : Bri à cœur ouvert dans cet interview inédit.

Bri, il parait que dégoulo wolof, tu es un toubab bou gnoul ?

(Rires) Quoi ? Non, je suis un lébou de Ngor, sénégalas, fier de l’être.Wolof , touti rek !

Keuleu Keuleu, Bri, Jordan, Bri Action, pourquoi autant de surnoms ?

Keuleu Keuleu, c’est un petit poisson que j’aimais bien pêcher quand j’étais enfant à ngor dans des bouteilles avec appât, peut-être ce surnom me vient de là. Jordan, j’ai toujours été un admirateur de Jordan le basketteur, il m’a impressionné par sa détermination et sa motivation. J’ai voulu lui ressembler dans ces valeurs qui réalisent l’homme. Bri ? Oui, c’est le diminutif de Brially mon homonyme. Bri-Action est un concept qui privilégie l’action à la parole ; ce qui fait de nous des hommes d’actions.

Tu es parti à bas âge en France, tu confirmes ?

Oui à l’âge de cinq ans ! Je dois même dire qu’on m’a kidnappé pour me mettre dans l’avion, direction la France. Je me plaisais à Ngor, sur les rochers, dans mes parties de pêche, mes baignades. Bref, j’avais mon monde et ma belle vie à Ngor

Pourquoi un retour au Sénégal ?

J’ai appris beaucoup de choses en France, j’y ai travaillé pendant vingt ans. J’y ai appris la discipline le goût du travail et le sens de l’effort. Je suis resté douze ans sans venir au sénégal. Quand je suis revenu en vacances, mon constat était décevant ; trop de choses étaient à faire dans Ngor. J’ai travaillé pendant vingt ans en France et commandé, c’était une grande fierté et une belle expérience pour moi ; j’ai voulu partager avec mes frères et sœurs de Ngor.

Tu as retrouvé Ngor, qu’est ce qui manquait à Ngor selon toi pour être une commune où il fait bon vivre ?

Nous les ngorois, nous ne faisons pas grand-chose, c’est surtout l’initiative qui manque pour régler les problèmes de Ngor de la part des ngorois, dans des domaines tels que l’assainissement, la propreté et l’éducation. Sinon, on a tous les atouts naturels pour s’épanouir et s’auto promouvoir.

IL faut aussi une meilleure gestion de la municipalité, résoudre un peu plus les problèmes et sévir en cas de manquement de la part des administrés, sanctionner graduellement quand il y’a faute, oralement dans un premier temps et des amendes en cas de récidive.

Justement, on constate que la jeunesse ngoroise est oisive malgré les atouts, ne faut-il pas chercher des partenaires et investir pour embaucher et occuper la jeunesse ?

Ngor a le vivier pour faire les emplois.  IL y’a tout, mais, paradoxalement, il n’y a pas de l’emploi rémunéré. J’ai travaillé là-dessus avec des partenaires, la dernière fois que j’ai essayé, on m’a mis des bâtons dans les roues, j’avais les financements pour un projet d’infrastructure pour sport et loisirs ; mais, le foncier est surtout le facteur bloquant à ngor. Je suis patient et je vais voir comment le projet va évoluer.

Le tourisme, parlons-en ! Ngor fut jadis un fleuron du tourisme avant de sombrer dans le déclin ; à ton avis que faut-il faire pour relancer le tourisme ?

J’ai la chance d’être entre la France et le Sénégal et dans des avions. De ouï dire, j’ai entendu que les plages du Sénégal sont sales, particulièrement Ngor. Et tant d’autres griefs comme les nuisances sur les touristes. Ils préfèrent l’Espagne où il y’a plus de tranquillité. En effet, je trouve qu’à Ngor les touristes sont trop embêtés, il faut les laisser se reposer comme cela se faisait avant quand les marchands restaient sur place et attendaient sagement les touristes. Il y’a trop d’ambulants. Egalement, l’amélioration et la modernisation des réceptifs hôteliers pour un mieux confort des touristes sont des atouts qualitatifs pour booster le secteur.  En outre, Ngor est une station balnéaire où il n’y a pas d’animation, c’est juste un problème d’organisation. Il faut surtout être honnête avec les touristes, ne pas leur raconter ou leur faire des conneries qui vont rejaillir sur toute la crédibilité du tourisme ngorois.

Tu investis dans le social avec autant d’engouement où trouves tu toute cette énergie ?

Surtout de ma grand-mère que j’ai côtoyée, une dame qui avait comme désir que de s’activer pour être utile, rendre propre. Que de générosité dans l’effort ! Je suis aussi un perfectionniste qui veut que les choses soient bien faites et qui ne triche pas quand il s’engage. Et cet engagement pour ma communauté me tient à cœur, je m’y investis totalement sans lésiner sur les efforts.

Quels sont tes rapports avec la mairie quand on sait que tu mets à nu leurs manquements et impairs dans les réseaux sociaux comme facebook ?

Je n’ai aucun rapport particulier avec la mairie, le maire, je le connais depuis la France. Je connais l’adjoint du maire Alpha BA avec qui j’ai des discussions franches mais ça s’arrête là. Je me pose et je pose beaucoup de questions légitimes, le constat est triste ; il y’a un manque de volonté pour venir en appoint aux bonnes actions faites dans l’intérêt général du village. Le maire me connait, je fais des actions, rien que des actions avec valeur ajoutée sociale, sans chercher un quelconque profit personnel. Tant pis pour ce qu’on peut bien penser, moi, je ne fais pas de la politique, je suis au service de la communauté ; et, cette dernière saura apprécier. En rendant propres nos rues, en sensibilisant sur le devoir citoyen d’être salubre, en rappelant ses devoirs à la mairie par nos reportages, nos sensibilisations, nos actions ; en mettant des frasques murales ou de la peinture sur nos salles de classe, en distribuant des délices aux enfant pour leur éclosion et équilibre scolaire ; bref, en touchant du doigt là où ça fait mal pour rectificatif, c’est à notre communauté que nous rendons service et à notre mairie elle-même.

As-tu des ambitions pour Ngor jusqu’à devenir maire de la commune ?

Honnêtement, l’environnement m’intéresse. Il y’a beaucoup de choses à faire à Ngor. Le village manque de tout. Je n’ai jamais peur quand il s’agit de changer les choses positivement mais rien n’est une obsession pour moi. Oui, mille fois OUI ! Si c’est la volonté de mes concitoyens ngorois, autant je me mets à leur service sans qu’on me le demande, autant je répondrais à leur appel pour le bien de notre communauté si leur appel va dans ce sens : Bri-Action pour le service exclusif et formel de Ngor. Ça a toujours été un travail de groupe, une foi collective et cela le restera toujours quelle que soit la station.

Bri, toutes actions sociales nécessitent un budget, d’où tires-tu tes finances ?

Mon propre budget et dans des rares fois, l’aide des amis.

Une dernière question, quel appel pour la diaspora ngoroise pour qu’elle s’investit davantage pour le développement de Ngor ?

D’être sur le terrain parce que c’est là qu’on comprend les problèmes, ils sont visibles et réparables.

Donc de venir le plus souvent à Ngor

Oui de travailler et de côtoyer ceux qui se battent pour ngor et les bonnes causes ngoroises.

Je te remercie Maguette Gueye pour ta disponibilité et de m’avoir accordé ton temps, force à nous !

C’est moi

Réalisé par Abdoul Razack Sambe

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