Éducation: Le Lycée Demba DIOP, un établissement scolaire de renom avec des bâtisses de pré indépendance inspirant la grande affliction

Situé dans le quartier de Téfess en face du cimetière, commune de Mbour, département du même nom, le lycée Demba Diop est le premier lycée d’enseignement secondaire du département. Il a été créé par le décret N° 86-12 du 02/01/86. C’est ce même décret qui a supprimé l’Ecole Normale Régionale (ENR) communément appelée Cours Normal. Le lycée Demba DIOP a ouvert donc ses portes en Octobre 1985 avec 405 élèves répartis en huit (8) classes de seconde (2nd). Le Proviseur était monsieur Amadou Sall DIOP et le Censeur des études monsieur Makary DANFAKHA.

C’est sur la demande des parents d’élève du département de Mbour, qui avaient des difficultés pour envoyer leurs enfants dans les établissements de Thiès et de Dakar, que le professeur Iba Der THIAM, Ministre de l’Education Nationale d’alors a pris la décision d’ériger l’ancienne Ecole Normale Régionale en lycée. A rappeler que c’est en février 1967 que l’Ecole Normale Régionale a pour parrain Demba Diop, suite à son assassinat par son ami. Demba DIOP était Ministre de la jeunesse et des sports sous le régime du Président Senghor.

Concernant les bâtiments, les premiers locaux du Cours Normal étaient construits à base de terre crue appelée banco. Ils comprenaient une classe et deux dortoirs. Ces premiers bâtiments étaient devenus très vétustes, la salle de classe a été rasée en 1972 et les dortoirs dix ans après. Les vestiges sont encore visibles derrière l’infirmerie qui servait alors d’économat. Ce sont les élève-maitres en formation qui puisaient l’eau, qui ont planté aussi des anacardiers, « darkassé ». La plupart de ces bâtiments ont été construits depuis plusieurs années. Le lycée Demba DIOP comprend un bloc administratif qui date de 1955-1956, des blocs scientifiques, une bibliothèque construite en 1995, une salle informatique ou multimédia, des maisons pour les gardiens. Depuis la rentrée scolaire 2006-2007, le lycée est divisé en cinq (5) zones gérées chacune, par un Surveillant Général. Il faut retenir que le lycée Demba DIOP qui a un périmètre de 1km500, était, à l’origine, à l’extérieur de la ville. Il a occupé une bonne partie de l’ancien cimetière. Des familles viennent encore prier sur l’emplacement des tombes de leurs ancêtres, particulièrement qui se trouve au portail de l’établissement et qui, semble-t-il, appartient à un érudit de l’islam. Une seconde tombe bien connue se trouve sur la partie sud du socle du drapeau.

Le lycée a connu beaucoup de mutations entre autres : un nombre important d’élèves, un effectif considérable du corps professoral, le port d’uniforme par les élèves, la forte présence de terrains de football pour les populations environnantes, etc. Demba DIOP constitue également un établissement d’excellence avec des représentants au concours général, un taux élevé de réussite au baccalauréat général.

Cependant, certains bâtiments ont fait leur temps installant une grande anxiété chez les populations. Certaines craignent un deuxième « Demba Diop », qui a vu la mort de huit (8) mbourois lors de la finale de la coupe de la ligue édition 2017.

Les trois quarts des bâtiments du lycée sont réellement menacés par leur durée. Le bâtiment qui abrite l’étage, sis à bord du terrain d’handball, constitue le principal facteur d’angoisse des élèves ainsi que de la population. Si certains redoutent de son écroulement dans un futur proche, pour d’autres, ce bâtiment doit faire l’objet d’un rasement le plus tôt possible.

Mais des sources nous indiquent que ce bâtiment malgré ces années d’existence peut encore tenir d’autres années. Nos sources nous affirment aussi que le lycée Demba DIOP va bénéficier sous peu d’un projet de construction.

Juste à rappeler que le stade Demba DIOP avait suscité beaucoup de réactions concernant son état de vétusté et de délabrement, et nous tous avons vu ce qui s’est passé le 15 Juillet 2017. Des maisons sont en train de s’écrouler sur des citoyens ; des ponts qui menacent, etc.

Face à cette situation, on constate de plus en plus des groupes qui se forment dans les réseaux sociaux et qui sollicitent la reconstruction du lycée surtout l’étage. Ces groupes sont constitués le plus souvent par des anciens lycéennes et lycéens de l’établissement qui sont devenus aujourd’hui des cadres

A signaler que dans la carte scolaire de la commune de Mbour, le nombre de lycées d’enseignement secondaire est trop faible par rapport à la population communale. De nouveaux quartiers ont vu le jour et les populations des villes et villages en profondeur du pays continuent d’affluer quotidiennement vers la capitale de la Petite Côte. D’où la nécessité que les autorités revoient la carte scolaire en mettant l’accent sur l’enseignement secondaire.

 

Réalisation : Mandiaye DIAGNE – Paulin NASSALANG

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