L’APBS pour la sensibilisation sur le bégaiement.

 Les membres de l’association pour la prise en charge du bégaiement ont célébré ce dimanche 25 octobre 2020 la 23e journée mondiale du bégaiement. Le thème retenu cette année est : «apprendre à rebondir, parcours de vie avec le bégaiement ». Il a pour  but de sensibiliser et d’aider les bègues à oser prendre la parole.

Fatoumata Gaye a tout simplement décidé de vivre sans complexe son bégaiement. Habillée d’une robe de couleur bleue, à côté de ses semblables, l’ambiance est bon enfant à l’occasion de cette journée mondiale du bégaiement. L’événement est placé sous le signe de l’acceptation. «Nous sensibilisons les parents d’ados bègues. Ils ont besoin de comprendre, d’aider leurs enfants à accepter leur différence est d’en faire un atout », a fait savoir la porte-parole du jour. Aujourd’hui, elle appréhende  cela avec humour plutôt que d’en faire une fatalité. Membre de l’association pour la prise en charge du bégaiement (APBS) depuis 2019, son intégration s’est faite par le plus grand des hasards. « J’ai adhéré à l’association depuis 2019. Mon grand- frère sous le ton de la moquerie m’avait tagué sur une publication d’un des membres. Par la suite, je suis entrée en rapport avec le président de l’association  et de fil en aiguille, j’ai rejoint cette grande famille», affirme la jeune femme. D’après la doctorante en sciences de gestion, c’est bien d’être auprès de ses semblables et de discuter aisément. «Je ne fais pas forcément attention à mon bégaiement dans notre groupe whatsapp par rapport aux autres interactions», explique-t-elle. La jeune femme déclare que cette association lui confère un «sentiment d’appartenir à un groupe social ».Un groupe où Fatoumata y retrouve  la joie et la bonne humeur dans le respect des uns et des autres.

Le bégaiement  a souvent été source de tracasseries  pour Fatoumata Gaye. « C’est parfois frustrant de voir que les gens se focalisent plus sur notre bégaiement que sur ce que l’on dit », admet-elle avec une pointe d’amertume .Elle  affirme que les femmes ont plus de mal à accepter leur handicap. « C’est plus difficile pour elles. Il y a plus de 100 membres dans notre groupe et c’est rare de voir les femmes prendre la parole. La journée d’aujourd’hui en est une parfaite illustration car il y a plus d’hommes que de femmes  », soutient l’étudiante à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Néanmoins la jeune femme a appris à vivre avec sa singularité devenue un compagnon de tous les jours. «J’ai toujours été bègue et c’était plus par imitation », livre-t-elle dans la confidence. Un bégaiement qui survient à des moments bien précis de sa vie : « Je bégaie quand je suis stressée ou encore quand je commence par des voyelles. Je bégaie même quand j’ai faim », sourie-t-elle avec une pointe d’humour. Un état d’esprit qui ne la quitte jamais. Enseignante à ses heures perdues, la doctorante  en sciences de gestion affirme pleinement qui elle est .Elle veut mieux affirmer son expression orale et partager son expérience à travers le groupe. Fatoumata compte bien inspirer les autres femmes à intégrer le groupe, s’accepter et à avoir assez de confiance pour en faire une force. La porte-parole a listé les maux de l’association à savoir le déficit d’orthophonistes et le manque de soutien de la part de leur ministre de tutelle. «Nous avons pas senti l’accompagnement du ministre de la Santé depuis la création de l’association en 2015 », fustige-t-elle face aux médias.

La doctorante a aussi rappelé le rôle des orthophonistes et a déploré le manque de ces spécialistes dans la prise en charge des bègues.

L’orthophoniste Alioune Guéye est revenu sur l’importance du thème et a sensibilisé sur la question. «Ce thème est lié à l’ensemble des répercussions que cette pathologie fait vivre à la personne à savoir la gêne, se retenir au moment de parler ou simplement décider d’esquiver la communication de groupe », a expliqué le professionnel du verbe. Il a profité de l’occasion pour donner quelques astuces : « Nous lui suggérons de se ressourcer, d’avoir des moyens techniques à lui qui lui permettront d’avoir confiance en soi pour faire face ». Alioune Gueye affirme que le bègue doit être psychologiquement fort, comprendre son bégaiement et anticiper quand c’est son tour de prendre la parole. Des conseils pour oser parler en toute confiance.

Arame NDIAYE

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